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Steve Guerdat

Le couple magnifique

vendredi 30 novembre 2007

"Quand je suis monté
pour la première fois
 sur son dos, j'ai tout de suite su"
La rencontre

Steve Guerdat et Jalisca

Ils se comprennent sans se parler, réagissent au moindre frémissement de l’autre : Steve Guerdat et Jalisca avaient surpris tout le monde l’an dernier en remportant le CSI de Genève. Après une opération et un déménagement, ils reviennent sur le sable de Palexpo la semaine prochaine, pétris des mêmes ambitions.

Elle hume consciencieusement le café posé sur la table en bois, respire les vapeurs chaudes du breuvage, joue avec sa langue dans la tasse. Attablée, Jalisca partage avec Steve Guerdat un moment d’intimité, tête contre tête, yeux dans les yeux, avant de partir au boulot, c’est une bonne heure d’exercices dans le sable épais du manège privé des hauts de Herrliberg, dans le canton de Zurich. Jalisca a 9 ans, une robe brune ripoliné et un corps d’athlète. Steve en a 25, est mince et a le visage doux. Il porte un pantalon d’équitation bleu, des bottes noires. Ils forment un couple depuis moins de deux ans. L’an passé, ils avaient éclaté en pleine lumière sous les spots du concours hippique de Genève, remportant l’épreuve du Grand Prix devant l’allemand au nom prédestiné, Christoph Ahlmann, et le suisse Beat Mändli. Aujourd’hui, la jument s’est remise après une opération liée à des coliques. « Elle est en pleine forme », assure son cavalier, qui la montera de nouveau à Genève la semaine prochaine, pour défendre son titre.
Steve Guerdat avance nonchalamment dans l’écurie du Rütihof, où il a trouvé refuge depuis avril dernier. Sur la porte des box en bois clair, des ardoises se découpent avec le nom des occupants: Trésor, Ferrari, Pontiac, Kador du Valon…Mais la star, c’est Jalisca. «Elle le sait», glisse la groom en observant l’animal. C’est à peine si la jument tressaille sous les flashs de la photographe. Comme si poser était pour elle une habitude. Sous la neige, le complexe rénové est magnifique. Il appartient au milliardaire Urs Schwarzenbach, propriétaire, notamment, de l’hôtel Dolder à Zurich, qui le met gracieusement à disposition du Jurassien. Un fan de polo le plus souvent exilé en Angleterre, également sponsor de Steve Guerdat et qui débarque parfois en hélicoptère sur le pré jouxtant le manège. « J’ai dû le voir trois fois, explique le cavalier. C’était un peu intimidant quand vous savez qui il est et qu’il vous reçoit avec chauffeur et limousine. Mais ça a été très sympa. J’ai trouvé quelqu’un de très décontracté, très cool et attachant. » Grâce à lui et à Yves Piaget, à qui appartiennent les chevaux qu’il monte, steve Guerdat a retrouvé des couleurs.

Perdu en route
Car ce talent de l’équitation a connu une vraie traversée du désert. Parti dans les écuries hollandaises de Jan Tops, obnubilé par les compétitions et les victoires, le jeune homme s’est un peu perdu en route. « J’étais aveuglé par tout ce que j’avais et ne vivais que pour le succès.» Il gravit les échelons jusqu’au douzième rang mondial et jusqu’à la vente de son crack, Tijl. Le troisième crack placé sous la conduite du prodige helvétique vendu en trois ans…. C’es était trop pour le jurassien. « Le cas de Tijl était un peu spécial, car personne ne croyait en ce cheval. J’avais insisté pour qu’ils l’acquièrent. Dans les deux premiers concours, il n’a rien fait. Et j’entendais les gens ricaner. Ensuite, il a terminé onze fois de suite dans les cinq premiers!» L’animal prend alors une tout autre dimension. «Acheté 80 000euros, il a été revendu onze mois après deux millions.» L’acheteur ? La milliardaire Athina Onassis, qui a cassé sa tirelire pour l’offrir à son mari, le cavalier brésilien Doda de Miranda Neto.

Steve Guerdat part alors dans les écuries du sulfureux Ukrainien Alexander Onyshchenko, actuel compagnon de l’ex-numéro un du tennis mondial, Martina Hingis. Refusant de prendre la nationalité ukrainienne, le Suisse perd alors de nouveau ses meilleurs chevaux. « ces deux expériences m’ont fait prendre conscience d’une chose: plus jamais je ne voulais être l’employé de quelqu’un.» Il repart alors presque de zéro, renoue avec son père, Philippe, deux fois médaillé aux Européens, en 1985 et en 1987 de qui il s’était un temps distancié. «Je lui dois tout, dit-il. En équitation, on dit souvent qu’il faut deux générations pour faire un bon cavalier. Lui a essuyé les plâtres, se démenant avec de mauvais chevaux jusqu’à arriver à monter une écurie compétitive. Moi, j’ai pu partir de ce qu’il avait déjà acquis.» Steve Guerdat est véritablement né sur un cheval. «L’écurie était un peu notre chambre à coucher», glisse doucement le jurassien. Il semble parfois si calme, si doux qu’on se demande comment il mène les centaines de kilos de muscles qu’il tient entre les jambes. Mais lorsqu’il monte il a l’élégance princière, si aérien, si léger que c’est à peine si le cheval doit se rendre compte qu’il est mené. Imperturbable en selle, il l’est aussi face à vous. Difficile de savoir ce qu’il pense. Mais la cuirasse a ses lézardes.
 
Complicité
Steve guerdat
n'est pas le seul
à apprécier le café
Jalisca n'hésite pas
à y tremper la langue...
L’an passé après son concours victorieux à Genève, il n’avait pu retenir des larmes. «ça restera ma plus belle victoire. Les circonstances, ce que j’avais traversé, ont rendu ce succès si spécial.» Quelques mois auparavant, en plein doute, en pleine reconstruction, le cavalier avait même envisagé de vendre Jalisca et d’entreprendre une autre activité. «Je me suis toujours juré de ne jamais contracter de dettes et, là J’arrivais au bout de mes ressources. Mais Yves Piaget a été magnifique. Il a refusé la vente et a même promis de m’aider le cas échéant.» Dans la foulée, Jalisca terminait 4e à Paris puis gagnait le CSI de Genève. Et Steve renaît à l’ambition, plus mûr, plus serein. «J’ai compris qu’il y avait des valeurs humaines plus importantes que le succès.» Le cavalier a reculé pour mieux sauter. Et ça marche. Alors que Jalisca est condamnée à l’opération en raison de coliques, il termine 3e sur Trésor lors de la finale du Grand Prix à Las Vegas, fin avril dernier.

Dans l’écurie, il caresse le front de l’animal, lui parle gentiment. Sa vedette reste sa jument. «Quand je suis monté pour la première fois sur son dos, j’ai tout de suite su. C’est inexplicable, mais c’est ainsi. Elle a un caractère exceptionnel.» Sensible au compliment elle relève la tête, les oreilles bien droites, répond aux caresses de son cavalier. C’est un couple, un vrai, un couple magnifique.
 
Source : L’illustré
Texte : Frédéric Vassaux
Photos: Julie de Tribolet

 

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